3 Voleurs très photogéniques Acte4/4 : épilogue, 3 mômes en taule



Novembre 2009, Inde, Khotakota.

Plusieurs fois nous avons croisé les jeunes de 16/18 ans. Ils nous regardaient souvent avec défiance, un sourire en coin. Après notre interview, le chef de la police les exhibe devant les Télés locales, en exemple. Ils sont recouverts d’un foulard, comme des terroristes. Nous pensons à ce moment là que l’affaire prend des proportions énormes.
On ne doit pas s’en prendre aux étrangers dans notre pays, vous êtes nos invités, nous devons vous accueillir en sécurité, me dira-il après.
Le soir même, les 3 malfaiteurs passent devant le juge. Ils prennent d’abord 15 jours de prison, puis après 6 mois de liberté conditionnelle le vrai jugement sera rendu. Ils risquent de quelques mois à 5 ans de prison. Ils ont comme circonstance atténuante, leur jeunesse ; et pour circonstance aggravante, le fait de s’en être pris à des étrangers.



La police exhibe les 3 malfaiteurs devant les télés locales, en exemple, et pas peu fière de les avoir coincé aussi vite

Que retenir de cet épisode ? La stupidité de ces trois gosses qui risque des années de prison pour un coup mal préparé, et leur entêtement à mentir même sous les coups. Les coups justement, les flics indiens n’y vont pas de morte, que font les policiers dans ce genre de cas?
Avant de partir, les policiers nous invitent à leur adresser un mot. Ils n’osent pas nous regarder dans les yeux en nous disant sorry. La première des sanctions sera le regard de leur proche et de tout le village qui est au courant, qui devrait leur faire passer l’envie de refaire ce qui restera le geste le plus stupide de leur vie.



posté par Loïc le 23/12/2009

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Raipur Hyderabad, Inde, du 6 au 13 Decembre, 750 km


Inde3

Indoscopie

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Chronique : "De la jungle indienne à la jungle urbaine ""

Gavés de pizzas et de hamburger, nous revoilà en forme. Dimanche, premier jour de cette nouvelle virée à vélo nous sortons de Raipur par une nationale propre et toute droite, nos jambes sont au rendez-vous et les km passent étonnamment vite. Après quelques dizaines de kilomètres et une attaque d’abeilles qui a valu à Thomas 4 piqures bien placées et une belle chute, nous sortons de la nationale pour entrer sur une route dessinée en blanc sur notre carte : à quoi vont ressembler les petites routes du centre de l’Inde ?

Nous nous enfonçons dans la forêt. Pratique le soir pour les veillées et la cuisine au feu de bois. Après deux jours de route excellente, sur une vraie piste cyclable en pleine jungle et sans camion, le bitume s’arrête à la sortie d’un village. Amusés mais avec une petite appréhension, nous nous se lançons dans ce réseau de pistes sableuses. Grâce à notre boussole et aux indications des autochtones nous parvenons à maintenir le cap. 15 km plus tard nous retrouvons le goudron. Ce soir-là nous dormons dans une école. L’internat loge une cinquantaine de gamins, du CP au lycée. Nous dormons avec eux dans la salle commune, sur des matelas, après un bon Dal Bat, une séance de guitare et un match de criquet à la télé.

Le lendemain, jeudi, nous traversons en pirogue la rivière qui fait office de frontière entre le Maharashtra et l’Andra Pradesh. La rivière, large, sillonne entre des bacs de sable, des femmes y lavent leur Sari. Le bruit assourdissant du moteur et les couleurs magnifiques du ciel, de la rivière, de la jungle nous abasourdirent. Une demi-heure de rêve au milieu d’une journée de sueur et d’efforts.


Bloques, nous devons traverser sur ces pirogues aux allures d'embarcations de passeurs.


Malgre tout, ces bains de foule on les aime !

Côté Andra Pradesh, la route doit mener à autre chose qu’une rivière et un cul de sac. Le trafic s’intensifie, les bords des routes s’urbanisent, des usines et des monuments religieux apparaissent. Arrivés à Hyderabad, c’est une autre Inde que nous découvrons : urbaine, moderne, développée, plus d’attroupement autour de nous. Nous sommes hébergés chez Floriane, une Olivétaine qui vit en Inde depuis un an, nous allons en apprendre un peu plus sur les mystères de cette Inde qui n’a pas fini de nous surprendre.


Vie quotidienne : Un programme strict à suivre à la lettre ou presque…

On a abordé cette semaine avec la ferme intention de ne pas revivre l’horrible traversée de la dernière fois. Fini le vélo de nuit et les diarrhées à répétition ! On a donc adopté un programme strict à suivre à la lettre (ou presque)…


7h30 : lever Tanguy et Loïc, préparation du thé pour le petit déjeuner. 8h00, lever de Thomas… Hop Hop Hop, on prépare nos affaires et on part sur les coups de 9h00, cherchant un puits pour prendre de l’eau et la filtrer.
Matinée vélo : suivant l’état de la route et autres obstacles insolites (une grosse rivière par exemple), nous pouvons espérer une cinquantaine de km à l’heure du déjeuner. Nombre de motards nous ont alors doublés nous posant les sempiternelles questions, « CountRy ? Purpose ? Where going ? Married ? »…
Déjeuner : on mange un Dal Bat dans un bouiboui, spectacle insolite pour tous les locaux qui se battent pour nous regarder. Loïc très raisonnable trempe sa fourchette dans le Dal et mange son riz presque seul : « Pas d’épices ! ».
Après midi vélo jusqu’à 18 h (2000 km de descente Sud Ouest permet de gagner une heure de jour). L’obscurité arrivant, nous nous arrêtons dans un village et faisons nos courses sur le marché local. Nouvelle stratégie pour éviter les bains de foule : « Chacun sait ce qu’il doit acheter, on se retrouve en sortie de village… »


Thomas repond a une interview d'une chaine de tele indienne. Tom, la nouvelle star de l'ecran bolywoodien.

Soir : Grand rituel de la préparation du dîner. On épluche les patates, on fait bouillir l’eau, on rajoute les tomates, les oignons, on met de l’huile, on verse les œufs battus. 2 heures de préparation pour un repas « pas trop mauvais et qui fait pas gerber » précise Tanguy.


Impressions à chaud : "Passé Raipur, l’Inde nous est apparue beaucoup plus développée…"

Sur un article du Monde.fr date du 3 Décembre dernier on pouvait lire : « En Inde, seul le cricket peut permettre de s’extraire de la morosité ». Nous ne pouvons que confirmer. Tout le monde y joue ici, n’ importe où et avec n’importe quoi, le terrain vague remplaçant le stade et un simple bâton faisant parfois office de batte, un peu comme le football chez nous… Pourquoi une telle popularité ? Historiquement, le cricket aurait été une façon de lutter contre la domination coloniale, les Indiens battant les Anglais a leur propre jeu. Évidemment, les enfants d’aujourd’hui ne pensent surement pas a cela en y jouant. Ils cherchent plutôt a ressembler a leur Zidane national du cricket, Sichin Ramesh Tendulkar.


Vue du cockpit. Les routes sont maintenant en bon etat et comble, il y a meme une ligne blanche discontinue au centre.

Passé Raipur, l’Inde nous est apparue beaucoup plus développée que plus au Nord. Les signes de ce développement sont clairement palpables. Les routes en premier lieu, sont beaucoup moins défoncées, même les toutes petites perdues dans la foret. Les villages sont plus propres, les déchets sont plus ou moins ramassés et les bâtiments prennent des étages. Les bouibouis sont mieux entretenus, la cuisine se fait au gaz. Conséquence directe de cette amélioration sanitaire : moins de moustiques ! Enfin, on a croisé beaucoup plus de magasins, l’offre se diversifiant énormément : les publicités font leur grand retour.

Enfin, cette discussion aux abords de Hyderabad avec ce jeune homme cultive et intelligent de 24 ans nous a particulièrement interloques : cet Indien semble revêtir une haine féroce contre les Pakistanais, « Ces terroristes musulmans ». Pourtant, il habite a plus de 2500 km de la frontière pakistanaise…

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posté par Tanguy, Loic, Thomas le 13/12/2009

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Ankuran cherche du soutien...



Novembre 2009, Inde, Chatra.

Nous avons été accueillis à Chatra (Inde du nord) par Priyanka et sa famille. L'adresse nous avait été donnée par nos hôtes de Bankey Bazar, les responsables de l'association Prayas (sujet de l'un de nos reportages). Elle est la fille du fondateur d'Ankuran, une association qui lutte contre la misère. Cette famille fait partie de la caste des Brahmanes (l'une des plus hautes) mais pour Priyanka, le principe des castes doit être abolie totalement, elles sont la principale source d'injustice en Inde et pas seulement pour les intouchables.
"Certains Brahmanes sont aussi très pauvres mais eux n'ont droit à aucune aide du gouvernement. Nous aidons tous ceux qui en ont besoin sans distinction de caste. "Il faut que les mentalités évoluent." nous explique-t-elle.



Priyanka nous prepare des Chappattis

Depuis la mort de son père, Priyanka et sa mère ont repris la tête d’Ankuran mais les fonds n'arrivent plus. Du temps ou son fondateur était vivant, Ankuran travaillait avec Ekta Parishad et d'autres ONG françaises. Toutes leurs actions sont aujourd'hui gelées, ils sont même obligés d'investir de leurs poches pour rénover leur bureau. Récemment, leurs ordinateurs ont été volés. Nous avons été touchés par leur engagement et leur désarroi et aurions voulu faire plus pour les aider...



Si vous souhaitez en savoir plus ou même les aider, n’hésitez pas a nous contacter :
contact@dynamosolidaire.fr

vous pouvez également les contacter directement :
priyanka.adhikary@gmail.com

Merci pour eux



posté par Thomas, Tanguy et Loic le 04/12/2009

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