3 Voleurs très photogéniques Acte 2/4 : flashés sur l’autoroute.



Novembre 2009, Inde, Khotakota.

Je marche sur l’autoroute déserte, Thomas dans la précipitation est partie vers le village retrouver les voleurs, moi je pousse mon vélo. J’hésite à sortir de la 2x2 voies, et puis finalement je tombe sur une jeep qui a la voix de Tanguy. Il a retrouvé Thomas et s’est présenté à la police. Il me racontera plus tard combien il a galéré pour leur expliquer l’histoire, en faisant de grands gestes assis par terre pour mimer la cervaison, le vol. .
Pour l’heure il me révèle ce détail qui fait basculer le récit. Les 3 jeunes lui ont demandé de le prendre en photo une heure avant. Il avait la flemme de sortir pour son appareil mais s’était résigné pour leur fait plaisir. « On les tient ces cons ! ». Ma bonne étoile est de retour.



La police exhibe les 3 malfaiteurs devant les télés locales, en exemple, et pas peu fière de les avoir coincé aussi vite

Une vingtaine de policiers sont lâchés dans les rues de Khotakota, et font circuler la photo. Ils sont bien sur cette photo ? Au bout de quelques heures, les policiers nous amènent trois suspects. C’est bien eux. Ils donnent très vite le portefeuille avec mon passeport, en oubliant 8000 roupies (100€), mais surtout le reste du sac. Ils ne veulent rien lâcher.
Commence alors une scène surréaliste ; leur mise à tabac, devant nous. Les policiers les claquent dans le dos et sur la tête, Les coups, mesurés certes, résonnent dans le poste de police. Les 3 suspects sont mouillés jusqu’au coup mais ils ne veulent pas avouer le vol de l’appareil photo et du reste du sac. Ce n’est que le lendemain, dans le bureau du chef de police, qu’on m’amènera les principaux objets manquants, et les restes calcinés de mon sac.



posté par Loïc le 25/12/2009

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3 Voleurs très photogéniques Acte 3/4 : Les vedettes.



Novembre 2009, Inde, Khotakota.

Nous dormons une première nuit dans le poste de police, les 3 gamins ont passé la nuit dans le couloir, gardé par des flics armés de cravache en bambou. Dans un bureau, nous étalons nos tapis de sol au pied du tableau où sont affichés les pourcentages d’affaires résolues, c’est clair qu’on va faire monter les statistiques de ce poste de police de campagne.
Le matin, les policiers veulent m’emmener sur les lieux du vol, pour constituer le dossier. Au moment de monter dans la jeep, deux des pères sont là. Ils se plaignent en larmoyant à l’inspecteur. Ils ont l’air effrayés, j’imagine la honte qu’ils portent, tout le village doit déjà être au courant. Les gamins sont en train de se prendre une correction, qu’ont-ils fait de plus pour mériter ces claques au petit matin ? Un père proteste, il se prend aussi tôt une baffe de l’inspecteur.



vedettes malgré nous, ce soir là nous passerons aux infos des télés locales

En rentrant de mon tour de jeep avec les enquêteurs, les journalistes sont là. Thomas et Tanguy s’éclatent à donner des conférences dans cet anglais approximatif qui nous caractérise.
On me tend 4 micros.
- Bah quoi ? je dis, surpris.
- Il faut que tu racontes "what happened", me souffle Tanguy.
- Ok. J’ai entendu Tanguy leur dérouler tout le périple, alors je récite ma déposition, et tente une blague à la fin : « aujourd’hui c’est mon anniversaire ».



posté par Loïc le 24/12/2009

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Inde, Hyderabad-Bangalore, du 14 au 23 Décembre, 650 km


Inde4

Dinde de Noël !

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La semaine dernière s’annonçait si paisible : il suffisait de suivre cette nationale toute neuve entre Hyderabad et Bangalore. Plus de problèmes d’itinéraire, cap plein sud sur du bon bitume. Evidemment, ça ne s’est pas passé comme prévu. Mais nous sommes arrivés à bon port et allons fêter notre premier Noël en T-shirt. Bonnes fêtes à vous aussi et… bonne d’Inde de Noël !




Chronique : "Il n’y avait pourtant qu’à suivre la nationale…" ""

Ca devient une habitude, nos haltes dans les villes durent toujours plus longtemps que prévu. Nous décollons lundi en fin d’après-midi au lieu de tôt le matin, sans Thomas qui, malade, nous rejoindra en bus le lendemain. Il faut dire que Floriane et ses voisins Amu et Raju nous ont particulièrement bien reçus. « Ah, ce dîner tibétain ! »

Bouchons, klaxons, pas de panneaux indicateurs, impossible de prononcer correctement Bangalore… Sortir des grandes villes est toujours un vrai bordel. On s’éloigne enfin des tourbillons urbains quand la nuit se met à tomber. Mais c’est bon, on est sur la bonne nationale « Bangalore 541 km, Kanyakumari 1222 km, photo lolo ! ». Plus qu’à la suivre pendant 5 jours.

40 km plus loin, nous roulons toujours quand nous croisons une fête au bord de la route. Lolo me regarde avec malice « Dîner gratuit ce soir ? ». Une heure plus tard, on est assis sur deux chaises, un festin dans nos assiettes, au milieu d’une « birthday party » en l’honneur d’un bambin de trois ans. Nous passons une chouette soirée devant un spectacle de danse et à discuter derrière un 4x4 avec de jeunes indiens. Mais attention, pas de mélange des sexes : comme toujours, on ne parle qu’avec des hommes…


C'est par là ! Il était tant il fait nuit. C'est partir pour 541 km de 2x2 voies.


Deux jours dans ce poste de police et un insolite à raconter à tous tes potes : Joyeux anniversaire Lolo !

Le lendemain, nous retrouvons Thomas à 12h30 après avoir avalé 70 km. « A ce rythme, on arrivera à Bangalore dès vendredi » espère Loïc. Il ne se doutait pas que dans quelques heures, il crèvera deux fois, se fera piquer sa sacoche de guidon avec tous ses papiers, 8000 Roupies et son appareil photo !
Deux nuits dans le poste de police Kotha Kota plus tard et un insolite à raconter à tous ses potes, Loïc retrouve le sourire et malgré son âge avancé (26 ans depuis la veille !), reprend son vélo pour 454 km en 3 jours ! Samedi, nous arrivons enfin chez Ericka (volontaire chez Fedina) et Dan, nos hôtes à Bangalore. Il est minuit passé, on a passé 9 heures sur la selle et crevé 10 fois dans la même journée…

Dimanche, nous rencontrons Ursula de TRD, qui mène le projet financé par notre vente de km. Fédina, le réseau d’association dont fait partie TRD organise en ce moment une réunion trimestrielle de ses membres. Une aubaine pour nous de connaitre ses actions en faveur des droits des plus pauvres et de découvrir l’univers des slums (bidonvilles) de Bangalore.


Vie quotidienne : S’adapter à la nourriture locale n’est pas facile sur le long terme.»

Après le contretemps de Khota-kota, nous avons dû accélérer le rythme (pour changer). Les 6 jours prévus pour parcourir la distance entre Hyderabad et Bangalore se sont transformés en 4. Sous le soleil indien (plus de 35 °C en journée), notre peau a bien cramé mais le petit de vent du sud (souvent de face !) nous rafraichissait pendant nos phases de pédalage. Aujourd’hui, les vélos sont au garage pour un bon moment. Nous sommes à Bangalore pour les fêtes, le temps est moins chaud et nous profitons de cette grande ville moderne après notre long séjour dans les régions reculées de l’Inde.


Pendant tout ce mois et demi de pédalage, notre vie quotidienne a été rythmée par les économies. Nous ne dépensions que 300 a 400 roupies (moins de 7 euros) par jour pour trois, juste un peu plus que les Indiens que nous rencontrions . Nous mangions uniquement local, avalions beaucoup de riz pour se remplir l’estomac… mais nous ne tenions jamais très longtemps et la gourmandise de se payer un coca ou un bout de chocolat était trop forte. Dans les villes surtout, ou le développement était omniprésent, la tentation était partout, à chaque fois nous explosions les dépenses… Comme quoi, s’adapter à la nourriture locale n’est pas facile sur le long terme. On cherche toujours à revenir à des goûts que l’on connaît et que l’on aime, même si ça double le budget !


On craque : un bon coca bien sucré pour reprendre des forces. La date de préemption dépassée de 6 mois, on s'en fout !


Impressions à chaud : "le choc des cultures : l’Inde entre modernité et tradition"

De Hyderabad à Bangalore, nous avons découvert une autre Inde : urbaine, moderne. Pourtant les traditions restent très ancrées dans l’esprit des jeunes indiens de notre âge. Le mariage arrangé reste la norme à plus de 90%. Mais alors qu’en France nous assimilons souvent mariage arrangé et mariage forcé, beaucoup de jeunes avec qui nous avons parlé ne se disent pas malheureux de leur sort. Les mariés ne se rencontrent pour la première fois que le jour du mariage, et apprennent à s’aimer ensuite. Il semblerait que le taux d’échec de ces mariages ne soit pas plus élevé que notre taux de divorce en France.


Cachés derrière ce 4x4, ces jeunes nous font goûter leur mauvais whisky. Sujet du débat : les mœurs en Inde et en Europe.

Lors de la fête d’anniversaire, nous discutons avec quelques jeunes, tous diplômés, de bonnes familles. Ils nous écoutent très attentivement leur raconter comment ça se passe chez nous de l’adolescence au mariage, une liberté qui semble aussi les faire rêver. A 25 ans, aucun d’entre eux n’a jamais eu de copine. La scène se passe autour d’une bouteille de whisky immonde, ils se cachent derrière un 4x4 pour ne pas que leurs parents les voient boire de l’alcool.

Autre ville, autre ambiance. Dans un bidonville de Bangalore (un slum), en visite avec FEDINA, nous rencontrons un groupe de séniors. La route est longue pour la reconnaissance de leurs droits : un groupe de séniors formé par FEDINA s’épuise en manifestation pour obtenir ce que le gouvernement leur promet mais ne leur donne pas automatiquement : versement des pensions, un repas chaud par jour… Nous y avons aussi vu de nombreux signes d’espoir comme cette jeune fille de 15 ans, visiblement calme et sûr d’elle : « je veux devenir docteur » nous dit-elle.

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posté par Tanguy, Loïc, Thomas le 23/12/2009

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