France, de Lille à Olivet, du 10 au 13 février, 500 km


France

Le dernier coup de pédale

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Un Grand Merci pour ce WE de retour! Enfin mille Grands Mercis en fait. Nous étions crasseux, fatigués, pas rasés et on sentait la fumée … mais on était bien content de vous revoir ! Mercis donc à :
- L’équipe de Frères des Hommes qui nous a accueillis Place St Michel à Paris avec un thé indien si chaud par ces temps si froids,
- Les potes qui ont préféré venir faire du vélo dans le froid parisien plutôt que d’aller skier au soleil,
- La mairie qui a organisé le banquet d’accueil
- Nos Familles et amis qui ont préparé le vin chaud, roulé les Varinikis pour l’entrée ukrainienne, cuisiné le Dal et le riz pour le plat indien et coupé en fine lamelles les fruits pour le dessert vietnamien,
- Nos familles et amis toujours qui se sont occupés de toute la partie logistique de la soirée : la réservation de la salle, la sono, le vidéoprojecteur, les gamelles, les butagazs, les tables, les chaises, les invitations, ramasser les déchets…
- Tous ceux qui sont venus et que nous avons eu un grand plaisir à revoir
- Tous ceux qui ne sont pas venus et qui nous ont envoyé de très gentils mots d’encouragements…


Chronique : "« Samedi 13, 17h30, un embouteillage aux abords de l’église St Martin à Olivet… » "

Nous nous arrêtons en bordure de Seine à une quinzaine de km de la Défense. Le lieu paraît plutôt pas mal. Evidemment, plein de neige autour de nous, mais le cadre est assez nature, on voit des péniches, on est loin des maisons et surtout, il y a un grand bois juste à côté. Vite, un grand feu !

Réveil difficile après cette nuit à la belle… Nous filons Porte Maillot, passons l’arc de triomphe, faisons un petit tour de la place de l’étoile et descendons les Champs Elysées. Dans quelques instants, nous retrouverons toute l’équipe de Frères des Hommes à qui nous avons donné RV à 11 h00 place St Michel. « Hola Raul ! Hello Maia, Micheline, M le directeur, les stagiaires… ».

Nous quittons Notre Dame vers 15h00. Nos amis sont venus de la France entière pour pédaler les derniers km avec nous et profiter de la douce chaleur des nuits de février. Dernier bivouac à Fontainebleau. Tanguy pensait bêtement qu’il serait peut être possible d’improviser une petite séance d’escalade sur les rochers de la forêt. Devant les 10 cm de neige, il a bien dût se résoudre « Un bon feu fera l’affaire ! »


plus téméraire, le bivouac à la belle !

Dîner Ukraino-indo-vietnamien ce soir

Samedi matin, dernier réveil de ce voyage. Ce soir un bon lit nous attend ! Loïc n’a pas de bol, il est malade. Plus aucune force pour appuyer sur les pédales. Après près de 15 000 km, parcouru, impossible de faire les 100 derniers ! Il prend donc un train et nous le rejoignons devant la cathédrale d’Orléans.

Le panneau d’Olivet. On n’avait pas la même tête lorsqu’on est parti il y a un peu plus de 10 mois ! L’instant tant attendu arrive… On se poste tous les trois en tête, les amis à vélo et la voiture balai nous suivent. Klaxon, cris, encouragements, ils mettent le feu durant nos deux derniers km et pendant ce temps là, une file de voitures s’allongent derrière eux. Ca y est, on est arrivé. « A l’heure pour la première fois ! »précise la mère de Tanguy en embrassant son fiston…

Beaucoup de monde est là pour nous accueillir. La famille, les amis de longues dates, les amis d’amis, les amis de parents, les gens qui avaient suivi le blog… Grand moment que de revoir ainsi tout le monde ! C’est comme si on sortait d’un rêve…

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posté par Tanguy, Loïc, Thomas le 19/02/2010

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France Inter, la dépendance



Février 2010, France, Lille.

A chaque début d’une nouvelle semaine de vélo, une question me hante : ai-je assez de France Inter sur mon mp3 pour tenir la semaine ? Je m’occuperai après de savoir si on a assez d’eau, de bouffe, d’essence dans le réchaud et de chambre à air pour atteindre la prochaine grande ville. Si j’ai pas mon France Inter, c’est la crise.

Une drogue douce

« Un France inter » dans notre jargon, c’est une émission de la célèbre radio qui fait tant honneur au service public, que j’écoutais matin et soir en France et dont je ne taris jamais d’éloges, d’autant qu’il faut qu’on soigne notre image auprès des médias si on veut sortir un livre un jour. J’étais passé dessus dans l’emission Allo la planète (voir revue de presse), depuis nous ne les avons pas recontacté, décalage horaire oblige. En Asie, il fait nuit quand Eric Lange prend le micro à 11h00 heure française.

Pas question de perdre mes bonnes vieilles habitudes à vélo donc, d’où cette seconde angoisse qui ressurgit à chaque fin de semaine de vélo : va-t-on trouver une connexion internet suffisamment rapide pour télécharger nos émissions favorites depuis le site de France Inter ?
Rassurez-vous, avec 70 heures enregistrées sur mon ordinateur depuis septembre, dont une bonne partie encore non écoutée, nous devrions tenir jusqu’au bout.



70 heures de France Inter à écouter, de quoi tenir jusqu'au retour !

Nous avons fait le plein à Bangalore, sans l’avoir utilisé depuis car nous faisions moins de vélo en janvier. Je dis nous parce que j’ai refilé le virus aux autres, devenus accros aussi. Nous avons eu une minute de silence quand le lecteur MP3 de Thomas est tombé en panne. J’étais triste pour lui, mais pas question de lui prêter le mien. Dynamo n’est plus solidaire quand il s’agit de tuer le temps à vélo. Et quand Tanguy bousille ses écouteurs parcequ’ils se sont pris dans sa roue, il ne lui faut que 2 heures pour en acheter des nouveaux. Accros, nous sommes accros !
Mais ce dopage a des effets seconds imprévus : une émission de radio un peu trop intellectuelle aura tendance à nous ralentir, alors qu’une musique bien rythmée nous boostera dans les passages de col. Si certains se dopent à l’EPO pour faire le tour de France en deux étapes, nous, notre perfusion entre par l’oreille, des écouteurs en guise de seringue. Elle ressort à l’heure du repas, sous forme de conversations improbables à l’autre bout de la planète.



Sur la route, rien de mieux qu'un 2000 ans d'histoire pour passer le temps

France Inter devrait nous dire merci ! Dans un bousi-bouis indien : « - T’as entendu la dernière de Sarkosy dans le 7-10 du 6 novembre ?
- Nan j’étais sur un 2000 ans d’histoire, la mort de Caucsescu. Ils parlent de Timisoara en Roumanie. Tu sais qu’on a traversé la ville sans savoir que c’était un des grands charniers de la fin de son règne ? »


2000 Ans d’Histoire, qui vient de fêter ses 10 ans, est l’émission la plus « podcastée » (téléchargée) de la bande FM. Patrice Gélinet, son présentateur, devrait nous remercier de faire gonfler les chiffres. Je compte pas moins de 33 émissions stockées sur mon ordi, rien que depuis Septembre. J’ai supprimé les autres, on a besoin de place pour les photos !
Quand je vois Tanguy devant faire des grands gestes et son vélo zigzaguer, c’est qu’il se prend pour le chef d’orchestre du générique de début de 2000 Ans d’Histoire, sur une route perdue du Chhattisgarh. Croyez moi, rien ne vaut les questions impertinentes d’un Domorand à un politicien qui lui répond en langue de bois pour vous donner du peps sur les pédales ; ou la voix douce et suave de Fabrice Drouel, présentateur du journal de 8h00 nomée « voix la plus écoutée de France » avec près de 2 millions d’auditeurs chaque jour, pour faire passer le temps, les mains collées au guidon.
Surtout quand on fait ce genre de statistiques : « 25 km à 10h45, plus que 95 km et 5 heures de vélo aujourd’hui ».

Schizophrénes et fiers de l’être.

Cette schizophrénie entre nos yeux qui découvrent l’Inde ou la Chine depuis une selle et nos écouteurs qui nous ramènent en France en nous tirant par les oreilles nous amuse beaucoup.
La Grippe A, Copenhague, le fils Jean à la défense, les Européennes, Obama, l’Iraq, l’Afghanistan et sa réforme de la sécu : rien ne nous échappe. A vélo nous sommes isolés, souvent à quelques centaines de mètres d’écart, alors on se cultive. L’histoire d’henri IV, d’Eric Tabarly ou du ghettos de Vasorvie avec Patrice Gélinet quand ça monte, les chroniques aiguisées d’un Stéphane Guillon ou d’un Didier Porte pour égayer la montonie d’une plaine pluvieuse.

Parfois au contraire actualité et voyage se rejoignent. Le premier octobre, jour du 60° anniversaire de la république populaire de Chine, amusant pour nous de voir le traitement médiatique fait à la radio ou sur les sites des grands journaux français quand on est a Xi’an, à regarder le défilé militaire à la télé avec des chinois.

Alors nous direz-vous, à quoi ça sert de faire le tour du monde si c’est pour rester scotcher aux infos en France ?
Certains cordons ombilicales ne se coupent pas!



posté par Loïc le 09/02/2010

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Angleterre,France, Londres-Lille, du4 au 8 février 350 km


Angleterre

Greenwich, latitude 0 °, KM 14 000

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Chronique : "« Tu savais toi qu’ils étaient aussi sympas les anglais ? » "

C’est le cœur gros et le dos couvert de coup de soleil que nous montons dans l’avion à Bangalore le 4 février, nous ne réalisons pas tout à fait que nous quittons l’Asie après 8 mois d’aventure. Dans l’aéroport de Londres, nous croisons les dernières femmes en saari, et puis… à nous les petites anglaises !

A Londres nous sommes hébergés chez un ami d’ami. En bon touriste, nous engageons une rapide tournée des grands monuments de la ville, Big Ben, Buckingam Palace, ou la tour de Londres etc... Au Tate museum, le célèbre musée d’art moderne de Londres, nous déambulons de salle en salle avec un audio à écran tactile hyper moderne. Gratuité et modernité, et si c’étaient les deux nouvelles astuces des musées pour intéresser les jeunes à l’art ?

Nous reprenons nos vélos après cette pause londonienne, direction Douvres, en passant par la côte sud. Pas facile de trouver son chemin à la sortie de la capitale, d’autant que nous voulons éviter les grands axes. Nous avons pris en photo une carte routière dans un magasin, pas question de débourser 5 livres pour une carte et deux jours de vélo, et nous comptons sur la surprenante gentillesse des anglais pour nous repérer.


Greenwich, latitude 0, km 14 000

Laura a eu pitié de nous... nuit au chaud ce soir !

En Inde, nous avions l’habitude des grands attroupements autour des vélos. Ici aussi nous ne passons pas inaperçus, et souvent quand nous marquons un arrêt anglais vient vers nous. « Alors vous partez en voyage ? Nan, on rentre d’Inde ! Ouah moi aussi je rêve de faire ça ». La discussion s’engage, et nous perdons encore une heure.

A la sortie de Londres, nous nous perdons, tournons en rond… jusqu’à atterrir dans un pub. Nous sommes l’animation de la soirée dans ce bar chaleureux ou la bière et les fishs and chips défilent. Laura, une jeune coiffeuse a trop pitié de nous voir dormir dehors ce soir, elle nous invite chez elle pour la nuit, pattes, lessive et douche chaude, elle a tout de suite compris de quoi nous avions besoin. Nous repartons direction la Manche et dormons sous tente à quelques km de Douvres.

Le froid s’accentue, neige Fondue, grêle, nous arrivons enfin dans le Ferry. A Calais, le froid anesthésie toute l’émotion des retrouvailles avec le sol français. « Marre de se les peler sur la selle », on prend le train décident Thomas et Loïc qui ne veulent pas être en retard pour la raclette qui les attend chez Yann, un copain de Loïc à Lille. Tanguy finit seul cette étape de 152 km les joues rougies par le froid et la journée s’achève autour d’une bonne bière et de la charcuterie. Bienvenue chez les gaulois.

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posté par Tanguy, Loïc, Thomas le 09/02/2010

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