Christian, le businessman le plus fun de Roumanie!


chaussure de sylvain


Mi mai, Roumanie :


Christian a notre âge, 25 ans, et est originaire de Comarnic, une petite ville dans une région touristique des Carpates, sur l'un des axes les plus commerçants de Roumanie. Il vit l'essentiel de la semaine à Bucarest, mais vient très souvent passer quelques jours chez ses parents, au pied des montagnes. Sa mère est prof de français et d'anglais. Femme à poigne, très affairée et souvent au téléphone, elle dirige un « club after school » à Comarnic. C'est là qu'elle nous a très gentiment hebergé deux nuits, aux cours desquelles nous avons profité de la connexion internet pour mettre à jour le site.


En Roumanie, les enfants ne vont que 4 heures par jour avec l'école, on comprend vite l'intérêt de ce genre de centre pour donner une meilleure scolarité aux enfants de la région. « De l'instruction naît la grandeur des nations » lit-on sur le mûr d'une école de Saint Denis en banlieue parisienne. Un slogan universel. Christian doit être un exemple pour les jeunes du coin, on trouve beaucoup de photos de lui dans le centre. Il écrit actuellement une thèse sur le management dans les systèmes informatiques, et donne des cours à la fac de Bucarest. Surtout il dirige déjà sa petite entreprise dans le domaine de la protection des réseaux informatiques. Trois employés travaillent pour lui, des clients anglais lui offrent des téléphones hors de prix pour pouvoir le joindre à tous les moments : son affaire marche bien.

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Il a monté sa boîte en 2° année de fac. La première année il avait tellement de facilités qu'il passait son temps à sortir. Il a voulu faire fructifier ce temps libre l'année suivante et se lancer dans un projet plus lucratif. Au début, il gagnait beaucoup pour les quelques soirées qu'il passait derrière son ordinateur. Aujourd'hui il se sent rattraper par son travail, avec les comptes à rendre aux clients... il perd de son côté « fun ».

Car Christian, du haut de ses diplômes et de sa réussite est resté un grand enfant. C'est d'ailleurs pour ça que le courant est si bien passé entre nous. Il faut voir avec quelle désinvolture il traite ce client anglais qui le harcèle au téléphone parce que son réseau informatique a planté toute la journée! Christian, lui préfère dévaler une pente à vélo avec nous. Et surtout il préfère descendre les côtes, plus que de les monter... Dans tout ce qu'il fait il s'équipe des pieds à la tête. Pour faire une descente de vélo sur des routes goudronnées, il mettra cette armure qui lui donne le look de robocop, mais ça ne le fait pas avancer plus vite pour autant!

« Pourquoi faire les choses comme un amateur quand on peut les faire de façon professionnelle? » lance-t-il avec un grand sourire, quand il nous voit rire de toutes ses boissons énergisantes lors d'une rando à pied en montagne. Pour une balade à pied en montagne, il emmène à manger pour un régiment (soit juste assez pour nous), un piolet, le nécessaire anti ours etc... Ses « toys » (jouets en anglais) le rendent heureux comme un enfant le jour de Noël. Le must du gadget reste cette paire de chaussures avec une roulette à l'arrière qu'il a acheté sur un coup de tête la dernière fois qu'il est entré dans un supermarché. Il fait des ronds dans le restaurant, à la fin du diner, comme si nous n'avions pas assez rit pendant le repas!


Christian, tout sourire en haut d'un bloc dans les Carpates

Le matérialisme chez Christian n'a rien de cette frime ostentatoire, habituellement haïssable chez les nouveaux riches. Avec lui, tout est prétexte à rire de la vie et à passer du bon temps en toute simplicité. Une auto dérision et un sens de l'humour qui n'ont d'égal que sa générosité, nous ne remercieront jamais assez les douaniers Serbes d'avoir dévié notre route vers chez Christian, le businessman le plus « fun » de Roumanie !



posté par Sylvain, Tanguy, Loïc le 04/06/2009

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Moldavie, de Galati à Chisinau, 27 mai-3 juin, 250 km


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Un beau petit pays, la Moldavie

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Chronique : "La Moldavie n'a pas fini de nous surprendre!"

Après notre long week-end de repos dans le delta du Danube, nous reprenons la route et retournons à Galati en bus. Nous passons la journée de mardi à travailler sur le site.

Mercredi nous rangeons enfin nos ordinateurs à 18h30 et enfourchons nos vélos : cap au nord ! La frontière Moldave se franchi sans difficulté, nous faisons nos adieux à l'Union Européenne, au Danube... puis trouvons un bivouac en pleine nature.

Deux jours de vélos nous séparent de Chisinau, la capitale Moldave. Le premier jour nous fonçons à travers les collines, et battons tous nos records de vitesse dans les descentes : Sylvain dépasse même les 80 km/h! Vendredi la pluie nous surprend, nous pédalons péniblement toute la journée, trempés, à contre vent jusqu'à la capitale.

A Chisinau nous sommes logés par deux françaises, Amélie ou Louise, qui travaillent à l'Alliance Française. Elles habitent dans une collocation où se retrouvent de nombreux francophones de passage en Moldavie. Amélie nous emmène au marché le samedi, « pour une fois qu'elle fait les courses, revenez plus souvent! » lance Louise à notre retour. Nous nous sommes gavés tout l'après midi de beignets aux pommes de terres ou au pavot. Le soir nous allons dans une discothèque Moldave : nous découvrons un croisement étrange de danse, pop et slow comme on connait en Europe de l'ouest entre lesquels l'animateur organise de petits jeux cons. La jeunesse moldave se lâche!


Au sommet d'une colline, avant de tenter un record de vitesse.


Nous passons tout le WE à Vorniceni, chez la famille Miron. Un grand merci pour cet accueil chaleureux !


Dimanche nous partons pour Vorniceni, où nous rencontrons Galina pour notre 5° reportage. Nous sommes hébergés dans une famille qui nous reçoit très chaleureusement. Le père, Vladimir, parle quelques mots de français. Il nous montre les photos de son service militaire dans l'armée soviétique pendant que sa femme, Natacha, nous prépare de délicieux petits plats. Leur fils Gheorghe, âgé de 15 ans, nous emmène toute la nuit faire le tour des bars avec tous les jeunes du village. Ce garçon est incroyable. Débrouillard et malicieux, il a raflé tous les premiers prix à l'école. Le lundi il nous emmène nous baigner au lac dans SA voiture, une Fantommas, un petit 4X4 de l'armée soviétique qui fonctionne avec un moteur de tondeuse à gazon mais qui n'a pas de secret pour notre jeune guide.


De retour à Chisinau le mardi, nous faisons une présentation de notre projet à l'ambassade française. A la fin, surprise, une des dix personnes présentes se lève et nous dit que son entreprise nous suit depuis la Roumanie et veut nous acheter 100 km. La Moldavie n'a pas fini de nous surprendre!


Vie quotidienne : "Nous avons rencontré un grand nombre de personnes d'origine  très différente !"

Nous avons passé peu de temps sur nos vélos cette semaine, même si nos deux jours à travers la campagne moldave n’ont pas été de tout repos. Cet intermède sédentaire nous a permis de rencontrer un grand nombre de gens d’origine très différente : Louise et Amélie de l’Alliance Française, les villageois de Vorniceni, Galina qui a monté le projet d’éco-centre… Toutes ces rencontres et ces longues discussions nous ont beaucoup éclairés sur le fonctionnement, les enjeux et les beautés de ce petit pays que nous ne connaissions que par nos lectures de « Tintin et le sceptre d’Ottokar ».


Comment se laver en consommant le moins d’eau possible ? En utilisant un gant de toilette bien sur ! Ainsi, pour la première fois, nous avons pu faire notre toilette (en utilisant les gants de toilettes que nos parents nous avaient apportés à Tulcea) et garder une réserve d’eau suffisante pour faire chauffer les pâtes et boire. Après une journée d’effort sous une grosse chaleur, qu’il est agréable de se sentir propre !

Nous découvrons en Moldavie les merveilles de la langue russe et son alphabet cyrillique. En fait, cet alphabet n’est pas si compliqué à apprendre. Chaque nouveau panneau, slogan de publicité que nous déchiffrons est pour nous une grande fierté. Nous progressons à petit pas et apprenons le vocabulaire basique, « bonjour, merci, au revoir, combien de kilomètres pour… ». Sylvain semble particulièrement motivé et lit tous les soirs notre guide de voyage russe. Un mois et demi à travers les pays russophones, nous devrions finir par savoir parler un petit peu !


Le gant de toilette : une façon intelligente de se laver tout en économisant l'eau.


Impressions à chaud : "Un beau pays, une réalité difficile mais un fort désir de changement"

Lors de nos deux premières journées en Moldavie, nous avons été impressionnés par la beauté des villages qui sont bien mieux entretenus qu’en Roumanie. Ici, les maisons sont toutes joliment peintes en bleu ou en vert. Les canalisations de gaz jaunes vives qui parcourent les rues et enjambent les portails contribuent à les égailler. Entre les villages se sont des beaux paysages vallonnés et parsemés de nombreux lacs et forêts que nous découvrons. La différence de développement entre villes et campagnes nous semble donc beaucoup moins marquée qu’en Roumanie. C’est donc surtout l’état déplorable des routes, leur très faible fréquentation ainsi que la quasi inexistence de l’eau courant dans les villages qui nous font sentir que nous sommes dans le pays le plus pauvre d’Europe.


Le village de Vorniceni, avec ses couleurs vertes et bleues

Les Moldaves sont, au premier abord, beaucoup moins expressifs que leurs voisins Roumains. Très peu d’entre eux nous répondent lorsqu’on les salue le long de la route. Par contre, lorsque nous sommes « introduits », ils témoignent d’une incroyable générosité et d’un sens de l’accueil irréprochable. En témoigne notre séjour à Vorniceni nous avons littéralement été « gavés » par la nourriture et le vin maison. Les petits potagers familiaux produisent la principale source d’alimentation des familles rurales, qui composent 60% de la population.

Mais la beauté la Moldavie cache une réalité beaucoup plus sombre. Dans ce pays, qui fut le premier à réélire un gouvernement communiste depuis sont indépendance proclamé en 1991, la corruption est reine.L’économie locale a beaucoup de mal à se développer etplus de 1/3 du PIB provient directement des envoies d’argent des émigrants. Dans ce pays où tous les jeunes rêvent de partir à l’étranger, c’est donc surtout un sentiment de résignation que nous ressentons. Mais la révolution populaire du 7 avril dernier, et l’existence d’initiatives locales portées par de jeunes moldaves (cf. le reportage à venir) laisse entrevoir de belles perspectives de changement.

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posté par Tanguy, Loïc, Sylvain le 03/06/2009

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Roumanie, de Comarnic à Tulcea, 19 mai-26 mai, 450 km


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En route pour le Delta du Danube

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Chronique : "Nous atteignons le Delta du Danube"

C’est une petite semaine de vélo qui s’annonce au moment où nous quittons Comarnic (et donc les Carpates roumaines), mardi 19 mai. 350 km tout au plus pour rejoindre Tulcea, aux portes du Delta du Danube, avant vendredi soir prochain : facile !

Mercredi 20, surprise ! Nous réveillons Sylvain en chantant « Bon anniversaire » et en lui apportant un gâteau surmonté de trois allumettes en guise de bougies. Il a 26 ans le bougre, ça se fête. On lui offre pour l’occasion un splendide rasoir Bic pour qu’il rase enfin sa barbe qu’il laissait pousser depuis le début de notre périple.

Le soir, nous entrons dans un village étrange, moribond. Personne ! Nous longeons une voie ferrée quasi désaffectée où d’horribles corbeaux croassent au dessus de notre tête… Nous continuons. Tout d’un coup, au détour d’une rue, nous découvrons quelques personnes, puis des enfants, des bars. « En fait il est sacrément vivant ce village ! ». Les enfants intrigués nous encerclent et nous nous retrouvons rapidement dépassés par les évènements et cette célébrité subite. Nous passons une bonne heure à discuter, prendre des photos avant de repartir.


Joyeux anniversaire Sylvain. 26 ans, ça se fête !


Nous nous retrouvons entourés d'enfants !

Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises. Au village suivant, nous nous arrêtons pour acheter des bières dans une alimentation locale. Un habitant du coin, Duniteriu, à la mine joviale et au ventre bedonnant nous prend tout de suite de sympathie. Après une courte conversation nous comprenons qu’il nous invite chez lui, dans une ferme du village où il vit avec sa mère. Sacré soirée ! Nous discutons avec nos mains (impossible de parler Anglais ou Français), partageons l’omelette qu’ils nous ont cuisinée et offrons un gâteau au chocolat, très apprécié par la mère qui l’engloutie avec gourmandise. Journée d’anniversaire originale pour Sylvain !.
Le lendemain, levé à l’heure des poules (si si à 5h30 du matin) en même temps que notre hôte. Nous filons jusqu’à Galati, avec au passage, une crevaison de Tanguy qui nous a permis de rencontrer deux apiculteurs très sympathiques. Nous y retrouvons Petruta Moisi, directrice du centre écologique du delta du Danube.

Vendredi, après une nouvelle journée pleine de rebondissements, nous atteignons enfin Tulcea où nous retrouvons nos parents et Camille qui sont venus nous rendre visite. Nous passons le WE à visiter le Delta, manger au restaurant, rencontrer deux guides d’écotourisme pour notre reportage et nous baigner dans la mer noire. Quatre jours sans vélo, cocoonés par nos parents : un petit break très sympathique !


Vie quotidienne : "En deux semaines, on nous a proposé 5 fois de nous loger !"

L’accueil et l’hospitalité des Roumains dont nous bénéficions depuis le début se sont confirmés lors de nos dernières étapes. De nombreuses rencontres ont continué à ponctuer nos routes. En deux semaines, on nous a proposé spontanément 5 fois de nous loger ! Notre nuit dans la ferme de Duniteriu, qui nous a offert gîte et couvert résume parfaitement l’accueil chaleureux qui nous est réservé et ce malgré la pauvreté de la population.

Mais tous ces moments forts, vécus lors de ces rencontres contrastent avec les longues heures de monotonie des traversées des plaines roumaines. Rouler 3h de suite sur une nationale rectiligne, sous le hurlement des klaxons des camions qui nous doublent à toute l’allure, n’offre aucun intérêt. Dans ces moments, le lecteur mp3 est notre meilleur ami. Il nous permet d’écouter de la musique et de nous tenir au courant de l’actualité grâce aux émissions de France Inter et apparentées que nous téléchargeons. te;e de vélo 

Notre petit séjour dans le Delta nous a offert un vrai break. Qu’il est bon de se laisser porter par les parents de Tanguy et Loïc et de ne plus avoir à reprendre les vélos pendant 4 jours. Mais ce break est aussi synonyme de nos dernières journées dans l’Union Européenne, avant de partir à la découverte des pays de l’ex- URSS. Les prémisses de ces nouveaux horizons commencent d’ailleurs à se faire sentir : à table ce n’est plus de la bière que nous offre notre hôte dans le Delta mais un verre de Vodka !


Devant la ferme de Denituriu et de sa mère qui posent fièrement avec nous


Impressions à chaud : "Ici, beaucoup de pauvreté mais pas la misère"

Une fois passé Comaric, à la sortie des Carpates, nous retrouvons des plaines cultivées, sans grand intérêt. En s'approchant de la Mer Noire, le Danube fait un coude vers le nord et sépare la Dobroga (la partie est de la Roumanie) du reste du pays, avant de se jeter dans la mer. Un seul pont existe pour franchir le fleuve. La nature y est préservée, plus sauvage et le relief est plus marqué aussi. La Dobroga est la première région de Roumanie à avoir subit l'influence de la Rome Antique. C'est par là qu'est arrivée la langue latine en Roumanie à l'antiquité, on y trouve de très nombreuses traces de villes romaines.


Le Delta est très préservé. Toute visite ne peut se faire qu'à bord d'une barque ou d'un bateau

Aujourd'hui, les habitants du delta du Danube donnent l'impression de vivre en autarcie tant l'accès y est difficile. On ne se rend dans le delta que par bateau. Le tourisme et la pêche ont permis à quelques villages de se développer, mais d'autres restent très pauvre. Cependant il flotte dans ces villages du delta une douceur de vivre, et comme souvent en Roumanie, pauvreté ne veut pas toujours dire misère.
ALe delta est classé au patrimoine mondial de l'humanité et regorge d'une richesse faunistique et floristique inépuisable. Menacé par certaines formes de chasses ou de pêches barbares, et par les projets touristiques insensés de quelques politiciens d'hier comme d'aujourd'hui, le delta est une zone d'intérêt européen qu'il faut à tout prix protéger.

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posté par Tanguy, Sylvain, Loïc le 27/05/2009

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