1500 paysans améliorent leurs cultures et restaurent la fertilité des


1500 paysans améliorent leurs cultures et restaurent la fertilité des sols

Dès le mois de mai 2009, 1500 paysans appartenant aux familles les plus pauvres du district de Kurur dans l’Etat du Tamil Nadu en Inde du Sud vont recevoir un soutien pour développer leurs cultures et restaurer la fertilité des terres qu’ils cultivent. Les activités, financées grâce à la mobilisation des jeunes cyclistes de DynamoS’olidaire et de Frères des Hommes, sont mises en place par l’association Trust for Rural Development (TDR), membre du réseau Fedina partenaire de Frères des Hommes.

Tout d’abord, 100 paysans reçoivent des formations sur la gestion des ressources naturelles : utilisation du compost et de la fumure, d’arbres et de plantes fixatrices de l’azote, de pesticides naturels, gestion de l’eau. 25 personnes participent également à une formation plus approfondie pendant 23 semaines sur leurs propres terres et s’approprient les techniques de façon plus pratique.



L’équipe de TRD devant le centre de formation.

100 autres personnes sont formées en gestion des ressources sociales : sensibilisation à l’épargne dans le cadre d’une réflexion sur l’accès au crédit bancaire ; information sur la manière de mener une veille sur les programmes gouvernementaux pour que les paysans puissent bénéficier d’aides ; réflexion sur la question de la transformation et de la commercialisation des produits des agriculteurs locaux ; place des femmes dans la prise de décision.

Un fond de crédit rotatif appuie les activités que les paysans développent en leur proposant des prêts. Les remboursements des premiers participants bénéficient ensuite à d’autres paysans. Une ferme de démonstration est mise en place sur deux hectares : les paysans peuvent ainsi mieux appréhender les différents espaces de culture (cultures vivrières de base, jardin potager, verger) et d’élevage. Les paysans pourront ainsi redécouvrir les techniques agricoles traditionnelles et améliorer leur production, pour pouvoir vivre du travail de la terre. La complémentarité entre les différentes cultures et l’élevage permet en outre de restaurer la productivité des sols.

Trust Rural Development-TRD travaille depuis 1995 pour développer une agriculture paysanne durable. En 2009, 1500 familles paysannes de 11 villages, parmi lesquelles de nombreuses familles dalits, participent aux activités. Les petits paysans ont en moyenne 0.5 ou 1 hectare de terres, qui ne sont pas toujours de bonne qualité et dont certaines ne sont pas irriguées. Tous sont confrontés aux conséquences environnementales et économiques négatives de la Révolution verte, qui a favorisé les cultures intensives au détriment des cultures vivrières. TRD est membre du réseau Fedina, partenaire de Frères des Hommes : découvrez ici les activités mises en place pour faire avancer les droits des populations marginalisées.

Cet article est paru en avril 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.



posté par Freres des Hommes le 02/08/2009

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« Tanguy, tu re-casses ton dérailleur quand tu veux! »


« Tanguy, tu re-casses ton dérailleur quand tu veux! »


8 juillet 18h, Lac Baïkal, Sibérie. :

Sylvain est resté à Irkoutsk pour trouver une bonne connexion internet. Tanguy et moi fonçons en direction d'Ulan Ude. Il ne nous reste plus qu'une centaine de kilomètres à parcourir à travers la Taïga, nous nous éloignons des bords du lac Baïkal en suivant son principal affluent, la Selenga.…

Nous sommes isolés, pas de village à moins de 30 ou 40 km, quand dans une montée un gros « CRAC » résonne dans la forêt de sapins et de bouleaux. C'est le drame : le dérailleur de Tanguy a volé en éclat. Nous comprenons tout de suite qu'il est impossible de réparer et que nous sommes bloqués.


Sauvé! Un couple nous prend en stop et nous emmène


Andreï et sa femme nous loge et nous cuisine un petit festin

Pas de panique, voir la situation nous amuse. Seule solution pour nous faire du stop. À peine le pouce levé, la première voiture s'arrête. Les 4 jeunes d'Irkoutsk dans l'auto vont à un rassemblement religieux et semblent déterminer à aider ces deux pauvres malheureux échoués sur le bas côté. Ils nous conduisent à la gare la plus proche, à deux km de là. Un train est censé passer ici à 5h00 le lendemain matin, mais il nous faut passer la nuit dans un trou humide infesté de moustiques. Hors de question de rester là, nous retentons le stop. Le pouce droit levé, le dérailleur en miettes dans la main gauche nous arrêtons quelques voitures. Un couple d'une cinquantaine d'année se décident à nous prendre en charge, c'est le début d'un grand « moment Nutella » (c'est ainsi que nous surnommons les belles rencontres).

Tanguy charge son vélo dans le coffre et monte dans la voiture, quel dandy... et moi je les suis à vélo. Ils nous conduisent chez eux, un immeuble qui semble délabré de l'extérieur mais le F3 est en vérité très coquet. Le mari, Andreï, (à croire que les russes s'appellent tous Andreï ou Sergheï et leurs femmes Natacha!) semble aux anges d'avoir deux français à dépanner pour occuper ses vacances. Dès qu'il remarque ma guitare il la sort de sa sacoche pour entonner un petit chant russe. Ce prof de sport est directeur du Gymnase du village. Le soir nous allons chercher de quoi se faire un petit festin dans leur appartement. Il parle trois mots d'anglais mais son dynamisme et ses grands gestes nous permettent de le comprendre. Cette nuit nous dormons finalement dans des matelas confortables, loin des plages de galets du Baïkal...

Le lendemain nos vélos sont chargés sur le toit du taxi d'un ami à lui, et nous voilà en route pour Ulan Ude. Comme deux dandys nous venons d'échapper à nuit dehors et à une nouvelle journée de vélo sous le soleil Sibérien. Tanguy, tu re-casses ton dérailleur quand tu veux! Andreï nous conduit au marchand de vélo d'Ulan Ude qui change la pièce. Nous n'avons rien à lui offrir pour le remercier, mais c'est promis nous lui enverrons une photo de nous arrivés à Pékin. Les Sibériens nous avait semblé froids et distants depuis notre descente du Transsibérien, après cet épisode, notre regard a bien changé!



posté par Loic le 01/08/2009

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Ursula Nathan, 40 ans de combat pour l’émancipation des femmes


Ursula Nathan, 40 ans de combat pour l’émancipation des femmes


Interview de Ursula responsable de l’association Trust for Rural Development (TRD)



Ursula Nathan

Comment et pourquoi avez-vous créé l’association TRD ?

Mon engagement a débuté au milieu des années 70 et début des années 80 au sein d’un groupe de jeunes étudiants. Je me suis alors surtout engagée aux côtés des femmes issues des populations pauvres, dont la vie quotidienne est extrêmement pénible. Après 15 ans d’expérience de terrain, en 1991, j’ai impulsé la création de l’organisation Trust for Rural Development, créée et gérée par des femmes. C’est une lutte longue et difficile pour que les femmes puissent s’épanouir socialement.

Pourquoi cet engagement aux côtés des femmes ?

En Inde, la plupart des femmes sont illettrées et ne sont pas autorisées à sortir hors du cercle familial pour des activités communes. Elles ont peu de droits, que ce soit dans leur famille ou dans la société. Les femmes gagnent de l’argent qui est ensuite dépensé pour les besoins de la famille et elles n’ont pas le droit de le dépenser pour leurs besoins personnels… Les femmes sont les plus touchées par les violences domestiques, c’est un problème récurrent auquel elles doivent faire face partout en Inde ! Nous croyons que ces problèmes peuvent être résolus notamment par le renforcement du rôle économique des femmes.

Comment avez-vous procédé pour aider les femmes à s’émanciper ? Au début, nous avons utilisé l’éducation populaire comme moyen d’atteindre ces populations. Ce processus éducatif a permis aux femmes de prendre davantage de pouvoir dans la vie sociale et de s’emparer des problèmes auxquels devaient faire face les populations locales. Nous avons ainsi commencé à travailler avec les femmes et les enfants, et les femmes se sont engagées dans des sangam (groupes) qui ont évolué plus tard en mouvement de femmes. Ces groupes les ont aidées à mutualiser leurs économies afin de renforcer leur pouvoir économique et des femmes ont ainsi obtenu, non sans difficulté, des baux pour des terres. Ainsi, avec ce genre d’engagement et l’atteinte d’une stabilité financière, les femmes ont eu assez de force pour soulever leurs problèmes au niveau local mais aussi en dehors du district.

Comment avez-vous intégré les hommes dans ce processus ?

Quand les femmes ont commencé à donner de la voix contre les violences dont elles étaient victimes et à s’agiter contre les inégalités hommes-femmes, les hommes des villages nous ont perçu d’un mauvais œil et ont cru que nous voulions monter leurs femmes contre eux ! Nous avons donc également travaillé avec les hommes, et les formations que nous leur proposons sur l’agriculture prennent en compte l’aspect social qui leur permet petit à petit de prendre conscience des discriminations dont les femmes sont victimes.

Quelles ont été pour vous les principales difficultés ?

En tant que femme, j’ai dû faire face à beaucoup de problèmes pour constituer une ONG. J’ai dû beaucoup voyager et parfois les situations exigeaient que je reste physiquement dans certains endroits. Là, l’amour et le soutien de ma famille m’ont manqués. J’ai aussi dû faire face à beaucoup de tensions et de stress. Notre engagement sur différentes activités et particulièrement celles liées aux femmes demande beaucoup de temps et d’énergie. Ce n’est pas quelque chose qui se fait en une seule fois ! C’est un travail quotidien.

Quel message souhaitez-vous faire passer à titre personnel ?

Chers amis, vous devez essayer de mener votre société, votre pays sur la voie de la paix et de l’entraide. Le développement lui-même doit être construit avec le consentement de tous les peuples du monde. Nous ne devons pas accepter un développement qui se concentre seulement sur une minorité de personnes ou de pays !

Cet article est paru en juillet 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.



posté par Tanguy, Loic, Thomas le 01/08/2009

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